Aller au contenu. | Aller à la navigation


Outils personnels

This is SunRain Plone Theme
Vous êtes ici : Accueil / Histoire et Géographie - Pratiques de classe / Géographie prospective / Documentation / Euralens et le 11/19 / Euralens, un acteur de l'aménagement des territoires

Euralens, un acteur de l'aménagement des territoires

 

 

Acteurs de l'aménagement des territoires

Notice d'accompagnement

 

Présentation

 

 

Euralens est une association de type loi 1901 créée en 2009 dans le but d'envisager la mise en place de projets d'aménagement du territoire en lien avec l'arrivée du musée du Louvre à Lens. Elle est présidée depuis sa création par Daniel Percheron, Président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. L’objectif d’Euralens est de prendre appui sur la nouvelle centralité lensoise induite par la construction du Louvre-Lens pour réorienter un territoire dans lequel les héritages de la première révolution industrielle sont prégnants. Le logo d'Euralens illustre cette ambition de passer d'un territoire « noir » à une trame verte et bleue.

Comme toute association, Euralens compte des adhérents. L’association opère une distinction entre partenaires et membres. Parmi les premiers, on compte :

 

- La région Nord-Pas-de-Calais : composée des départements du Nord et du Pas-de-Calais, cet adhérent fait partie des partenaires historiques de l’association. Depuis 2001, son Président en est Daniel Percheron.

 

                - Le département du Pas de Calais

 

                          - La CALL : Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin constituée de 36 communes et peuplée de 244 650 habitants.

 

 

                - La CAHC : Communauté d'Agglomération d'Hénin-Carvin constituée de 14 communes et peuplée de 125 313 habitants.

 

              - Artois Comm : Communauté d'Agglomération de Béthune-Bruay-La Buissière constituée de 59 communes et peuplée de 210 000   habitants.

 

              - La CCI d'Artois : Chambre de Commerce et d'Industrie d'Artois.

 

Les membres d'Euralens forment une catégorie hétérogène. On y trouve :

 

- Des intercommunalités : Communauté Urbaine d'Arras, Communauté d'Agglomérations du Douaisis.

 

- Des communes adhérentes de la centralité lensoise : Lens, Liévin, Loos-en-Gohelle.

 

- D'autres communes adhérentes : Béthune, Hénin-Beaumont, Avion, Carvin, Harnes, Bully-les-mines, Mericourt, Courriéres, Montigny-en-Gohelle, Sallaumines, Oignies, Rouvroy, Libercourt, Wingles, Mazingarbe, Leforest, Noyelle-sous-Lens, Fouquières-les-Lens, Sains-en-Gohelle, Courcelle-les-Lens, Dourges, Loison-sous-Lens, Aix-Noulette, Meurchin, Hulluch, Pont-à-Vendin, Eleu dit Leauwette, Souchez, Givenchy-en-Gohelle, Benifontaine.

 

- Des organismes publics : le Louvre, la CCI d'Artois (Chambre de Commerce et d'Industrie d'Artois),la caisse des dépôts, le comité régional du tourisme Nord-Pas de Calais, la chambre des métiers et de l'artisanat de la région Nord-Pas de Calais, la S.N.C.F, le syndicat mixte des transports Artois-Gohelle, le centre hospitalier de Lens, l'Université d'Artois, le lycée Béhal de Lens, la maison de l'emploi Lens-Liévin-Hénin-Carvin.

 

- Des bailleurs sociaux : maisons et cités, Pas de Calais habitat, SIA habitat, ICF Nord-est.

 

- Des organismes et associations : la Mission Bassin Minier, l'office de tourisme et du patrimoine de Lens-Liévin, l'aire métropolitaine de Lille, Culture commune, l'association Louvre-Lens, ACOM (association des communes minières), la vie active, le Racing Club de Lens.

 

- Des mécènes du Louvre-Lens : la Caisse d'Epargne, Dalkia, le Crédit Agricole Nord de France.

 

Tous les adhérents de l'association contribuent au financement de celle-ci selon des montants variables. Il est à noter que la contribution des partenaires est sensiblement plus élevée que celle des membres. L'Etat, par ailleurs, est, par le biais de la sous-préfecture de Lens, un interlocuteur privilégié de l'association.

 

 

Les 3 communautés d'agglomérations membres d'Euralens.

Source : Euralens.

 

Il est à noter que depuis le 01 janvier 2014, la CCNE (Communauté de Communes de Noeux et des Environs) a fusionné avec la communauté d’agglomération d'Artois Com et, de ce fait, est intégrée au périmètre d'Euralens.

 

Le territoire du versant occidental de l'ancien bassin minier est caractérisé par un fort morcellement de la gouvernance. La création d'Euralens entend pallier les difficultés d'actions liées à ce morcellement. L'objectif affiché de l'association Euralens est de promouvoir des projets en relation avec l'arrivée du Louvre à Lens. Son ambition est de favoriser la mise en place d'une dynamique nouvelle en utilisant les enseignements de précédents identifiés, tel le cas du musée Guggenheim de Bilbao par exemple.

La stratégie d'Euralens repose sur trois axes :

- l'instauration d'un espace de débat autour du devenir des territoires concernés par l'association,

- la recherche d'une amélioration des projets portés par les acteurs,

- la mise en place d'une démarche associant des acteurs à différentes échelles : région, département, communautés d'agglomérations, communes.

 

La spécificité d'Euralens est d'être une structure associative qui cherche à mettre en présence des acteurs du développement de ses territoires, les conseille, les accompagne mais ne dispose pas de pouvoirs décisionnels. Suite à un processus qui repose sur quatre étapes, l'association labellise des projets en veillant à ce que ceux-ci respectent des critères qui, selon elle, correspondent aux enjeux du territoire. L'octroi d'un label permet à l'organisme qui en bénéficie d'être accompagné par des services d'ingénierie. Que ceux-ci soient internes à Euralens ou externes (région, mission bassin minier), ils vont accompagner l’adhérent tant au niveau du montage du projet que de la recherche de financement. Etre labellisé constitue donc une reconnaissance qui rend plus lisible le projet aux yeux d’autres acteurs (le Département ou la Région par exemple). Cinq critères sont privilégiés dans la délivrance ou le refus du label :

 

- l’association de la population locale et des acteurs locaux aux projets de développement de leurs territoires,

- la conformité des projets avec une logique de développement durable,

- le respect d'un certain niveau d'exigence en termes d'ambition et d'innovation des projets portés,

- la mise en valeur ou la préservation du patrimoine perçu,

- le développement économique du territoire que le projet pourrait induire.

 

Cette labellisation concerne les projets portés par les adhérents de l'association. Les projets labellisés peuvent être aussi bien des réalisations matérielles (aménagements urbains et paysagers) qu'immatérielles (actions culturelles).

 

Place dans le programme

 

Classe de terminale : La France dans l’Union européenne.

 

 

On peut travailler cet acteur dans une séquence dédiée au sujet d’étude : Acteurs et enjeux de l’aménagement des territoires français

 

Il ne s’agit pas de traiter l’historique de l’aménagement du territoire en France.

En s’appuyant sur l’étude d’exemples d’aménagements, on fait apparaître la complexité des enjeux de l’aménagement des territoires aujourd’hui (compétitivité des territoires, équité territoriale, gestion durable). On identifie le rôle des acteurs, en particulier les collectivités territoriales, l’Etat, l’Union européenne.

 

L'approche

 

Dans le cadre du sujet d'étude Acteurs et enjeux de l’aménagement des territoires français, on pourrait envisager en classe l'étude de l'implantation du Louvre-Lens en tant que situation (un aménagement dans une communauté de communes). Parmi les conséquences spatiales de l'implantation de cet équipement culturel, on peut aborder Euralens en tant que forme de gouvernance originale pour accompagner un processus de mutation que l’implantation du Louvre est sensée initier. En effet, si le Louvre-Lens n’est pas un aménagement impulsé par Euralens, les deux entités sont pourtant très liées (y compris au niveau de leur proximité géographique). Dans cette séance liée à une étude de cas, après une première problématique englobant les raisons possibles de la venue d’un musée du Louvre à Lens, on peut aborder la question des motivations qui ont poussé différents acteurs à créer une forme de gouvernance nouvelle. A quels besoins cela correspondait-il ? Qui adhère à cette association ? Avec quels objectifs à courts, moyens et longs termes ? Qu’y fait-on ? Comment cet acteur nouveau envisage-t-il sa communication et par là même sa lisibilité sur le territoire ? Plus globalement, est-il pertinent de souhaiter développer une centralité au sud de Lille ? Quels sont les enjeux réels de cette volonté revendiquée de faire de Lens le centre d'un pôle métropolitain futur ? A contrario, fusionner Lille et Lens peut-il être pertinent pour peser dans la mondialisation ? Ce scénario serait-il comparable avec celui dans lequel Lille a intégré d' autres agglomérations comme Roubaix ou Tourcoing ?

Par cette étude, on montre que l’implantation du Louvre entraîne des conséquences spatiales voulues par des acteurs multiples (Europe, Etat, Région…) mais aussi l’émergence de nouvelles formes de gouvernance. Cela permet d’aborder le principe des interactions plurielles entre acteurs et territoires.

Une première approche avec les élèves pourrait être d’analyser les choix opérés en termes de communication par le biais du logo et du nom de l’association (document n°1). Quelle interprétation peut-on donner au niveau du choix des couleurs retenues ? Au niveau des formes ? Quelles connotations sont contenues dans le nom de cette association ? Quel précédent cherche t-on à reproduire ? Comment envisage-t-on son action d’après ce qu’elle dit d’elle ? Dans un second temps, il pourrait être utile d’interroger la présentation des membres d’Euralens en observant qui fait partie de cette association, avec quel statut mais aussi dans quelle catégorie ils figurent (partenaires ou membres) et quelle place ils occupent sur la page de présentation (document n°2). Ce document serait à étudier en parallèle avec la carte des collectivités adhérentes à Euralens (document n°3) pour croiser les informations et faire constater que les membres de cette association n’y ont pas tous la même place. L’étude de la page consacrée à la labellisation permettrait, en outre, de constater les choix opérés par l’association pour accompagner les transformations du territoire (document n°4). Ces choix sont-ils ceux perçus par les élèves comme étant prioritaires ? Quels autres choix seraient possibles ? Enfin la carte des projets déjà labellisés (document n°5) permet de confirmer les disparités de dynamique déjà observées grâce à la carte des collectivités adhérentes et donc d’insister sur un mode de fonctionnement à vitesses variables.

 

Pistes de réflexion

 

La venue du Louvre à Lens correspond à une tentative de reproduction d’un précédent perçu comme pouvant avoir valeur de modèle : celui de la transformation de Bilbao par le biais de l’implantation du musée Guggenheim. Comme pour le bassin minier, la région de Bilbao a été touchée dans les années 1980 par un déclin des secteurs d’activités traditionnels. Ces difficultés entraînent alors des disparitions d’emplois et génère des formes d’exclusion sociale. Les acteurs chargés de la gouvernance de Bilbao vont, dès lors, chercher à mettre en place une stratégie de réorientation économique.

Des points communs existent donc entre la situation de départ de ces deux territoires, ce qui a pu motiver le projet d’employer, à Lens, un grand équipement culturel comme levier d’une reconversion fonctionnelle.

Cet objectif de mutation a sollicité à Bilbao des acteurs opérant à trois échelles différentes :

- Nationale : l’Etat a financé des infrastructures comme l’aéroport ou la transformation du système ferroviaire ;

- Régionale et départementale (gouvernement basque et diputación de Biscaye) : ces deux acteurs se sont associés pour financer le musée Guggenheim, le palais Euskaldunak et le métro ;

- Locale : la municipalité a cédé les terrains qui allaient accueillir les aménagements envisagés.

 

Outre ces acteurs préexistants, la transformation de Bilbao s’est appuyée sur la création de deux structures :

- Metropoli 30 qui est une association créée en 1991 regroupant mairie, diputación (la Diputación Provincial ou Députation provinciale est l'institution responsable de l'administration d'une province espagnole) et gouvernement basque ainsi qu’acteurs privés. Elle avait pour prérogative la communication et l’évaluation des actions entreprises ;

- Ria 2000 créée à l’initiative du ministère des travaux publics. Il s’agit d’une société anonyme à capital public. L’Etat et les collectivités territoriales y travaillent alors de concert à la coordination du processus de revitalisation de la ville.

Même si les situations ne sont pas comparables, on peut voir que la transformation de Bilbao, comme celle de Lens, passe par la création de structures de développement spécifiques qui complètent, voire se substituent parfois aux acteurs traditionnels.

Pourtant, l’implantation du musée Guggenheim n’est pas, comme pour le Louvre-Lens, le point de départ de la stratégie de renouveau économique mais son aboutissement. L'inauguration du musée a lieu en 1997 et vient renforcer un processus de transformation déjà amorcé dans le domaine des transports, du logement et de l’hôtellerie. L’implantation du musée Guggenheim avait certes pour but d’attirer des flux touristiques mais aussi d’émettre un message fort en terme de changement d’image de la ville. Les touristes attirés par ce lieu prestigieux découvraient par la même occasion, une ville dont la rénovation était déjà entamée. C’est là que la comparaison entre Bilbao et Lens met en avant des différences de stratégie des acteurs. Bilbao s’est doté de structures gouvernementales nouvelles, a œuvré pour la rénovation de la ville puis a accueilli le Musée Guggenheim. Lens et ses acteurs ont à gérer dans la quasi simultanéité l’accueil d’un grand musée, la création d’une nouvelle forme de gouvernance et la transformation du territoire.

De ce constat, on peut faire émerger avec les élèves des questionnements concrets en rapport avec ces choix de stratégie. Où accueille-t-on, pour l’instant les touristes étrangers venus visiter le Louvre-Lens ? Mis à part le Louvre-Lens et son périmètre proche, quels sont les signes forts d’une transformation urbaine ?

Par ailleurs, Bilbao, par sa localisation en Espagne, engendre des représentations auxquelles Lens ne peut prétendre. Le bassin minier doit vaincre, pour capter certains flux touristiques, des images qui desservent son attractivité potentielle sans avoir toujours les mêmes avantages que Bilbao (ensoleillement notamment).

 

 

La structure associative d’Euralens accueille des acteurs multiples et englobe un périmètre vaste. On peut dès lors se poser la question des équilibres au sein des partenaires que sont par exemple les trois communautés d’agglomération. L’analyse de la carte des projets labellisés montre des inégalités au niveau de la localisation des réalisations. En effet, on constate une surreprésentation des projets portés par les communautés d’agglomération de Lens-Liévin et d’Hénin-Carvin par rapport à ceux d’Artois Com. Se pose dès lors la question du poids respectifs des acteurs privilégiés que représentent les partenaires d’Euralens. La communauté d’agglomération Artois Com a rejoint l’association Euralens en 2012 ce qui explique, en partie, un certain décalage. Cependant, on peut se poser la question de la place de cette communauté d’agglomération au sein d’Euralens alors qu’elle n’est que partiellement concernée par des problématiques liées au bassin minier (des communes comme Richebourg ou La Couture par exemple sont ainsi fortement polarisées par la métropole lilloise). On pourrait d’ailleurs se poser la question des limites de cette polarisation lensoise : la dynamique de transformation est-elle suffisamment fédératrice pour assurer la cohésion à terme de ces territoires ?

 

Euralens représente un acteur supplémentaire sur ce périmètre, que cette association entend accompagner dans sa transformation. Sa structure associative de gouvernance est unique en France et reprend des principes issus de l’aménagement de Bilbao. Cependant on peut se poser la question de la pertinence d’une inflation d’acteurs pour gouverner ces territoires. La multiplication des structures agissant à différentes échelles est-elle un atout pour la transformation recherchée ? Dans une période de remise en cause de l’existence de certains échelons de gouvernance (départements) la lisibilité par la population d’une structure comme Euralens est-elle aisée ? Euralens peut aussi être interrogée sous l'angle de la démocratie : quel poids et quelles prises ont les électeurs sur cette structure ? Son existence doit-elle être pérennisée dans le temps où est-elle amenée à céder la place à d’autres structures ?

 

Proposition de corpus documentaire

 

 

Document 1. Le logo d’Euralens (source : site internet d’Euralens, http://www.euralens.org/fileadmin/user_upload/Divers/Presse/Euralens_QUADRI)

 

Document 2. Page de présentation des membres d’Euralens (source : site internet d’Euralens,http://www.euralens.org/qui-sommes-nous.html)

 

Document 3. Les collectivités adhérentes d’Euralens (source : site internet d’Euralens, http://www.euralens.org/grands-projets/euralens-centralite)

 

Document 4. Les mécanismes et objectifs de la labellisation (source : site internet d’Euralens, http://www.euralens.org/labellisation/presentation.html)

 

Document 5. Carte des treize premières labellisations (source : site internet d’Euralens, http://www.euralens.org/labellisation/carte-des-projets.html)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mots-clés associés :